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mardi 13 août 2013

Cinéma du monde

Concilier les ambitions d'un scénariste ou d'un réalisateur de film avec le budget disponible est rarement une mince affaire, et les équipes de production doivent souvent chercher par tous les moyens de faire des économies. Pour commencer, il vaut mieux éviter d'avoir à partir trop loin, même lorsque l'histoire se passe dans un pays autre que la France, et tenter de trouver un paysage semblable pour faire illusion dans nos bonnes vieilles campagnes de province. On ne sera alors pas étonné d'apprendre que le département des Pyrénées-Orientales à servi maintes fois pour figurer des contrées étrangères que la magie du cinéma a transformé en pays plus ou moins lointains. Plusieurs films se sont servi du département comme substitution à l'Espagne où il était encore difficile de tourner sous la dictature du général Franco. Citons par exemple Le Fils de Caroline Chérie (1955), Le Bossu (1959) ou La Fête espagnole (1961). Dans un registre latino-américain, Et qu'ça saute (1970) vient chercher chez nous les paysages du Guatalpa, pays imaginaire, tandis que L'Évadé (1975) filme une prison mexicaine au fort de Bellegarde. Charles Bronson y débarque en hélicoptère et les gitans de Perpignan sont engagés comme figurants pour faire les mexicains. De la même manière, ce sont des Cerdans qui sont recrutés pour faire les Lapons dans Tornavara (1943), tandis que des machinistes passent avec des bois sur le dos pour faire les rennes. Enfin, les paysages du Fenouillèdes servent à montrer la Chine dans Chine ma douleur (1989) et ceux de Cerdagne la Croatie dans Vertige (2009). Le monde entier (ou presque) dans 4116 km².


Sommes-nous en Chine ou dans les gorges de Galamus ?


Source : Jean-Noël Grando, 100 ans de cinéma en Pyrénées-Orientales : Histoires et secrets de tournages, Perpignan, Mare nostrum, 2010
Photo :  Sylvain Perrinel via Wikimedia Commons

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mercredi 24 juillet 2013

Un casting osé

Surfant sur la vague libératrice des années post-68, Jean-Claude Dague, déjà réalisateur d'un polar un peu raté (Le Bal des voyous, 1967) et d'une comédie pas très drôle (Poussez pas grand-père dans les cactus, 1968) décide de s'attaquer à la production d'un film érotique. Il choisit de le tourner à Banyuls-sur-Mer et à Port-Vendres, et se met en tête de trouver sur place l'actrice principale de son film. Début septembre 1969, un casting est donc organisé à Banyuls.  Une première sélection de candidates se révélant infructueuse, un appel est lancé dans L'Indépendant puis un deuxième casting organisé à Perpignan, sans succès. De surcroît, les pressions familiales exercées sur les quelques actrices potentielles entraînent leur désistement. Il faut dire que le titre du film, Désirella, annonce tout un programme, puisqu'il est question dans le scénario de jeux croisés entre un couple de lesbiennes et deux hommes qui viennent à leur rencontre. Il n'est donc pas facile dans ces conditions de trouver une jeune fille prête à se compromettre dans cette aventure. En définitive, Jean-Claude Dague abandonne son idée de lancer une starlette locale et finit par recruter Sabine Sun, une jeune actrice à la filmographie déjà conséquente et que ce genre de projet n'effraie pas. Le film, sorti en 1970, n'est pas une réussite et n'a d'intérêt aujourd'hui que pour les beaux paysages du département que l'on peut y voir.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
L'affiche du film Désirella

Source : Jean-Noël Grando, 100 ans de cinéma en Pyrénées-Orientales : Histoires et secrets de tournages, Perpignan, Mare nostrum, 2010
Image : Cinéma français.fr



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