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jeudi 29 août 2013

Droit de vote

Le département des Pyrénées-Orientales est créé en 1790, non sans remous, puisqu'il s'agit de créer une entité suffisamment peuplée. La province historique du Roussillon ne suffisant pas, on lui adjoint la partie languedocienne du bassin de l'Agly, décision logique d'un point de vue géographique et portant la population du département à un peu plus de 100 000 habitants. Ceci fait, il s'agit de faire élire de nouveaux responsables et l'Assemblée Constituante fixe les modalités du droit de vote : seuls les hommes s'étant acquitté d'un impôt équivalent à trois journées de travail peuvent prétendre au titre de citoyen actif et donc voter. La pauvreté des régions rurales du département a pour conséquence d'écarter automatiquement un tiers des hommes majeurs de ce système. On ne compte au final que 16978 citoyens actifs qui peuvent alors élire les conseils municipaux. Ils doivent par contre déléguer leurs pouvoirs pour les autres scrutins aux grands électeurs. Ceux-ci sont choisis parmi les citoyens payant un impôt équivalent à dix journées de travail et constituent un groupe de 170 personnes. Enfin, il faut pour prétendre à se faire élire député faire partie de la tranche des contribuables payant un impôt  égal à un marc d'argent. On l'aura compris, le nouveau système verrouillait totalement l'accès aux urnes pour les classes les plus pauvres et permettait d'assurer le pouvoir aux notables du département mais, malgré ses errements, la démocratie était en marche.

Joseph Cassanyes, élu député en 1792


Source : Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 2, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, 1985
Image :  Par Jacques59370 (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

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vendredi 9 août 2013

Nouveaux noms

La Révolution française de 1789 et ses conséquences, dans sa volonté de faire table rase du passé et, en premier lieu, de l'influence de l'église, ne pouvait manquer de s'attaquer aux noms. Il ne suffisait pas de réformer le calendrier ou d'inventer de nouveaux prénoms, car les noms de lieux eux-même rappelaient l'ancien ordre établi. C'est ainsi qu'à partir de 1793 de nombreuses communes se voient imposer de nouvelles dénominations. On trouve à travers toute la France des villages appelés Liberté, Fraternité, La Vérité, L'Harmonie, Le Désir, Fructidor ou Germinal. On trouve aussi des noms un peu plus agressifs tels que Le Zélé-Patriote, L'Ami-des-Lois, La Carmagnole, Les Sans-Culottes, La Révolution ou Brutus-le-Magnanime. Le département des Pyrénées-Orientales est relativement épargné par cette vague de nouveaux noms, mais on trouve tout de même quelques exemples intéressants. Sainte-Marie-la-Mer est renommée Redoute-Maritime ou Redoute-de-L'Agly, Saint-Laurent-de-la-Salanque devient la Sentinelle-de-l'Agly, tandis que Port-Vendres se transforme en Port-de-la-Victoire. Mont-Louis est renommé Mont-de-la-Liberté ou Mont-Libre, tout comme le Mont-Saint-Michel situé en Normandie. Enfin, les Forts de Bellegarde et de Saint-Elme sont requalifiés en Fort de Midi-Libre et Fort-du-Rocher. Malgré les efforts de la toute jeune république, ces noms ne s'imposeront jamais et la plupart des anciennes appellations sont reprises dès 1803.

Le Fort-du-Rocher


Sources : Wikipédia + Villes révolutionnaires
Image : Par Nitot (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0) ou GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html)], via Wikimedia Commons

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