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mercredi 14 août 2013

Appel longue distance

Les tours de guet situées le long des Pyrénées existent depuis l'antiquité. Ce système de surveillance a permis suivant les époques d'alerter les populations à propos des mouvements de troupes amies ou ennemies se dirigeant vers le Roussillon. Un imprimé paru en 1707, intitulé "Mémoire de ce qu'il y a à faire sur la frontière du Vallespir pour s'opposer à l'entrée des ennemis en Roussillon", nous en détaille le fonctionnement. Une succession de postes est établie entre Saint-Laurent-de-Cerdans et la Tour de la Massane, en passant par Montferrer, Montalba d'Amélie, le pic de Garce à Céret, le pic Saint-Christophe à L'Albère, Llauro, Castelnou et Laroque-des-Albères.  Des signaux de fumées sont établis pour le jour et des signaux de feux pour la nuit. En cas d'un déplacement inhabituel important de troupes, chaque poste a pour mission de tirer deux coups de canon, auxquels chaque poste en suivant la chaîne répond par deux autres coups de canon, à la fois pour confirmer que l'information est reçue et pour le transmettre au suivant, jusqu'à la citadelle de Perpignan. Deux salves supplémentaires sont tirées lorsque les ennemis ont franchi l'un ou l'autre col et sont entrés dans la plaine du Roussillon. Les hommes en armes ont alors pour ordre de se regrouper à Arles, Céret, Saint-Jean, Argelès, etc. et d'attendre les ordres. L'entretien et le bon fonctionnement de ces postes de garde sont à la charge des baillis ou consuls de chaque territoire, et le non-respect de ces consignes par les personnes qui y sont affectées est de fait puni de trois mois de prison.

La tour de la Massane veille...


Source : Mémoire de ce qu'il y a à faire sur la frontière du Vallespir pour s'opposer à l'entrée des ennemis en Roussillon, 1707 (à lire ici)
Photo : Par André Suchet (Don reçu de l'auteur pour Creative Commons) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

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mercredi 31 juillet 2013

Un général explosif

Le 7 mars 1793, la France révolutionnaire déclare la guerre à l’Espagne, qui réplique immédiatement par une offensive dans la province du Roussillon. Le général Antonio Ricardos, commandant des troupes espagnoles, connaît au printemps de nombreux succès fulgurants face à l’armée française, puisqu’il occupe en quelques jours le haut Vallespir, puis en deux mois le reste de la vallée du Tech, une grande partie de la vallée de la Têt et va même jusqu’à Rivesaltes. Il résiste durant l’été sans jamais prendre Perpignan, et doit battre en retraite après la bataille de Peyrestortes à la mi-septembre. Le général Dagobert, un temps général en chef de l’Armée des Pyrénées-Orientales, cherche par tous les moyens à couper la retraite des espagnols. Il se dit qu’il serait utile à cet effet de faire sauter à l’explosif le fameux pont du Diable de Céret, celui-ci étant un des principaux points de franchissement du Tech. Il faudra l’intervention en urgence du député à la convention (et ancien maire de Canet) Joseph Cassanyes pour empêcher les divers projets de “vandalisme” du général et sauver le pont, malgré tout très endommagé par les nombreux passages de troupes, espagnoles et françaises, au point de provoquer son affaissement partiel.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Le général Dagobert


Sources :
Pierre Cantaloube, Céret et les ponts du Tech, Les Presses Littéraires, coll. « Le Tech et ses franchissements », 2004, 2e éd., 340 p.
Alicia Marcet i Juncosa , Abrégé d'histoire des terres catalanes du nord, Trabucaire, 2009, 197 p.
Image : Yan' Dargent [Public domain], via Wikimedia Commons



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vendredi 19 juillet 2013

Un médecin trop zélé

Une épidémie de peste touche Céret de 1651 à 1655, faisant au total une centaine de victimes. Les candidats pour soigner les malades ou enterrer les morts sont, de manière compréhensible, peu nombreux et il faut parfois désigner des personnes d'office, certains ayant fui la ville par crainte de la contagion. Céret compte alors autour de 2000 habitants dont un médecin, trois chirurgiens et deux apothicaires. Un médecin de Gérone est appelé en renfort, mais il repart à peine arrivé après que des soldats lui aient volé tout son équipement. L'épidémie se poursuivant, tout le monde, soignants compris, finit par être assigné à résidence afin d'empêcher la propagation de la maladie. On fait alors appel à Maître Barthélémy Bénaset, médecin à Thuir, afin d'aider aux soins et aux enterrements. Passant en réalité plus de temps dans les tavernes qu'auprès des malades et donc souvent ivre, il ne soigne personne, abandonne des morts n'importe où et finit même par enterrer des malades avant qu'ils ne soient réellement décédés. Destitué de sa charge, il ose porter plainte, mais les consuls de Céret confirmeront le jugement et il sera remplacé par un autre médecin, cette fois-ci tout à fait convenable.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Ancienne tenue de protection des médecins contre la peste (XVIIème siècle)


Source : Pierre Cantaloube, Céret et les ponts du Tech, Saint-Estève (Pyrénées-Orientales), Les Presses Littéraires, coll. « Le Tech et ses franchissements », 2004, 2e éd., 340 p.
Photo : Par Juan Antonio Ruiz Rivas (Enciclopedia Libre en Español) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) ou CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], via Wikimedia Commons

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mercredi 3 juillet 2013

Un record du monde à Céret

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Le pont du Diable à Céret

La construction du pont du Diable, enjambant le Tech à Céret, débute en 1321. Achevé en 1341, son arche unique, en pierre, a une portée de 45,45 mètres pour une hauteur à son sommet de 22,30 mètres. Il devient alors le plus grand pont à une arche du monde, détrônant le Pont de la Madeleine, également surnommé pont du Diable, d'une longueur de 38 mètres et situé en Toscane (Italie). Il n'est pas anodin de savoir que ce pont toscan avait lui-aussi dépassé quarante-et-un ans plus tôt un autre pont du Diable, situé à Martorell en Catalogne.
Le pont du Diable de Céret sera par la suite lui-même détrôné en 1356 par le pont Scalinger, d'une longueur de 48,30 mètres et situé à Vérone (Italie). Le pont du Diable aura donc tenu le record du monde pendant quinze ans, de 1341 à 1356.

Source : Liste des ponts en arc les plus longs (Wikipédia)
Photo: Par PMRMaeyaert (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons


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