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dimanche 18 août 2013

Commerce de personnes

L'esclavage a existé en Roussillon depuis l'antiquité. Favorisé par le droit romain, puis par le droit gothique, il s'est imposé d'autant plus facilement qu'il n'existait pas dans la région de véritable équivalent au statut de serf que l'on pouvait trouver ailleurs en France. Le meilleur moyen de disposer d'une main d'œuvre corvéable à merci reste donc pendant très longtemps l'achat d'esclaves, commerce florissant dans tout le pourtour méditerranéen et notamment en Roussillon, du XIIIe au XVIIe siècle. Les marchands catalans ramènent de leur voyages en Orient de nombreuses marchandises, parmi lesquelles on trouve souvent des groupes d'esclaves. Le marché principal en Catalogne pour ce trafic se trouve à l'époque à Barcelone, mais on constate que les Roussillonnais achètent des esclaves en grande quantité à partir du 13ème siècle, quelle que soit leur classe, soit comme auxiliaire domestique, soit pour travailler la terre. Les marchands, les artisans, les bourgeois, les prêtres, les religieuses, tous achètent des esclaves. Pour exemple, l'évêque d'Elne déclare dans son testament en 1259 la possession de huit esclaves, dont six païens. Leurs origines varient suivant les époques : d'abord des prisonniers de guerre sarrasins, on importe ensuite des Tartares, des Grecs, des Bosniaques, des Bulgares, des Tcherkesses, des Russes et bien sûr aussi des Africains, parmi lesquels figurent de nombreux Ethiopiens. Au 16ème siècle, on commence également à vendre à Perpignan quelques Amérindiens, disponibles depuis la découverte de l'Amérique. La plupart de ces esclaves sont baptisés, et les femmes accouchent très fréquemment d'enfants conçus par leur maître, tandis qu'elles sont employées comme nourrices dans la plupart des grandes familles de la région. Ce commerce décline à partir du XVIIe siècle et disparaît définitivement avec le Traité des Pyrénées (1659) qui impose le droit français en Roussillon.

Fers d'esclave


Source : Auguste Brutails, Étude sur l'esclavage en Roussillon, du XIIIe au XVIIe siècle, Larose et Forcel, 1886 (à lire ici)
Photo : Par Urban (Travail personnel) [Public domain], via Wikimedia Commons

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mardi 30 juillet 2013

Un échange impossible

Le Traité des Pyrénées de 1659 à pour conséquence de faire passer le Roussillon et la majeure partie de la Cerdagne dans le Royaume de France. Les relations des catalans avec leur nouveau roi sont très vite difficiles, alors que Louis XIV cherche à gouverner en monarque absolu, sans tenir des comptes des us et coutumes locaux. Au point pour le nouveau territoire de devenir un fardeau dont il cherche à se débarrasser de nombreuses fois, sans jamais y arriver. Louis XIV souhaite obtenir les Flandres, qui l'intéressent davantage. Il négocie à Vienne, à Madrid, à Londres, propose de rendre le Roussillon, la Cerdagne, la Sicile (prise en 1677), et même plus tard de rajouter si nécessaire quelques petits bouts de Navarre, assortis de surcroît d'une large compensation financière payable annuellement et durant un temps indéterminé. Mais c'est peine perdue, les Espagnols étant encore convaincus à l'époque qu'ils finiraient par récupérer le Roussillon par les armes. En 1679, Louis XIV revient à la charge auprès de Charles II, roi d'Espagne qu'il essaye de convaincre de l'utilité de réunir de nouveau le Roussillon à la Catalogne. Pour preuve de sa bonne volonté, il se dit même prêt à détruire tous les places fortes qu'il a commencé à faire construire par Vauban. La question revient encore en 1701 aux conférences de La Haye, et la réponse est toujours la même : c'est non, et l'échange ne se fera donc jamais, scellant le destin d'un peuple pour les siècles à venir.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Rencontre de Louis XIV et Philippe IV pour le Traité des Pyrénées


Source : Jean Villanove, Histoire populaire des Catalans, tome II, 1979
Image : By Laumosnier (http://www.altesses.eu/imgmax/2d82273f8e.jpg) [Public domain], via Wikimedia Commons


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