Le phénomène de réfraction de la lumière permettant d'observer le Canigou deux fois par an depuis Marseille est aujourd'hui une réalité bien connue. Il faut pour cela que le soleil se couche pile derrière le Canigou et dans un alignement parfait en direction de la cité phocéenne, ce qui n'arrive que deux fois par an début février et fin octobre. Cet événement est observé par un astronome professionnel, le baron de Zach, en 1808 depuis Notre-Dame-de-la Garde : "A peine le dernier rayon avait-il disparu que, comme par un coup de baguette, nous vîmes pour ainsi dire tirer le rideau et une chaîne de montagne noire comme geai avec deux pics élevés vint, au point nommé,. frapper nos regards avec tant d'évidence et de clarté que plusieurs spectateurs eurent peine a croire que ce fussent les Pyrénées. On les aurait prises pour des montagnes du voisinage, tant elles paraissaient distinctes et proches de nous." Le baron de Zach vient à ce moment-là d'observer un mirage des pics du Canigou et des Tres Vents. Malgré leur altitude (2784 et 2731 mètres), la courbure terrestre empêche normalement toute vision depuis cette distance. La réfraction de la lumière est provoquée dans ce cas soit par des différences de densité de l'air, en descendant du Canigou, soit de température au-dessus de la mer et en arrivant vers Marseille. C'est ainsi que la ligne droite du Canigou vers Marseille qui devrait normalement se trouver à 120 mètres de profondeur dans la mer se retrouve visible depuis Notre-Dame-de-la-Garde ou depuis le massif de Marseilleveyre, transportant un peu de notre pays catalan chez nos voisins provençaux.
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| Serait-ce le Canigou au loin ? |
Sources :
Bernard Duhourcau, Guide des Pyrénées mystérieuses, Tchou, 2006
Bulletin trimestriel du Syndicat d'initiative du Roussillon, Perpignan et le Roussillon, 1899 ?
Photo : akunamatata sur Flickr
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