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jeudi 25 juillet 2013

Droit de passage

Lorsqu’en 218 avant J.C., Hannibal Barca le carthaginois décide d’entamer sa longue marche vers Rome avec son armée et ses éléphants, il doit franchir les Pyrénées. Grâce à l’historien romain Tite-Live, né près d’un siècle et demi après les événements, nous avons quelques détails de la rencontre entre Hannibal et les peuples de la région, alors occupée dans la plaine par les Sordes, que Tite-Live qualifie de gaulois. Avec près de 100 000 hommes à faire passer, Hannibal a probablement divisé son armée entre les différents cols de la région (Panissars, Perthus, Banyuls, Cerbère). Réunie dans la plaine, l’armée stationne près d’Illibéris (actuelle Elne) et est immédiatement remarquée par les “petits rois” locaux qui se réunissent à Ruscino (actuel Château-Roussillon) pour discuter de la conduite à adopter. Hannibal souhaite éviter tout conflit et envoie un émissaire auprès des Sordes, en leur faisant comprendre tout de même que s’ils ne se déplacent pas, c’est lui qui viendra à eux. Une rencontre a donc lieu à Illiberis au cours de laquelle Hannibal gagne son droit de passage devant Ruscino par de nombreux présents et son armée poursuit alors sa route vers le Rhône.

 
Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Statue d'Hannibal par Sébastien Slodtz


Sources : Tite-Live + Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 1, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, 1983, 1-573 p.
Photo : Par Thesupermat (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons


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samedi 13 juillet 2013

Prophétie de meurtre

Constant Ier (v. 320-350), empereur romain et fils de Constantin Ier, n'eut pas un règne facile. Il eu fort à faire avec des invasions de  barbares en tous genres, des rivalités avec ses frères co-empereurs, ainsi que des soulèvements récurrents de divers usurpateurs. Certains historiens de l'époque racontent qu'à sa naissance son père consulta les astrologues à son sujet. Ceux-ci prédirent que Constant mourrait dans les bras de sa grand-mère, Hélène. Mère de Constantin, Hélène est restée célèbre notamment pour avoir découvert la "Vraie Croix" et les clous de la Crucifixion, et elle fut canonisée par la suite. Concernant Constant, Hélène étant morte vers 330, celui-ci pouvait se croire à l'abri de la prophétie. C'était sans compter sur la révolte de Magnence, ancien esclave de Constant et capitaine de sa propre garde impériale. Devenu général en chef des armées du Rhin, Magnence se proclame empereur et décide d'en finir avec Constant, qui tente alors de s'enfuir vers l'Hispanie (actuelle Espagne). Rattrapé à Castrum Helenae (devenu Héléné, puis aujourd'hui Elne), Constant y meurt assassiné par les hommes de Magnence. Or, il semblerait justement que l'antique cité d'Illibéris ait été renommée en l'honneur de sa grand-mère, soit par Constantin pour honorer sa mère, soit par les habitants en l'honneur de la sainte désormais vénérée dans tout l'empire. Quoi qu'il en soit, la prophétie malheureuse aura trouvé son achèvement et Constant 1er meurt alors qu'il a à peine trente ans... dans les "bras" de sa grand-mère.

Petites histoires des Pyrénées-Orientales
Constant Ier

Source : Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 1, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, 1983, 1-573 p.
Photo : Par Inconnu (Jastrow (2005) [Public domain], via Wikimedia Commons


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